La genèse du film révèle une attention nouvelle portée par son commanditaire, le Comité d’histoire de la deuxième guerre mondiale présidé par Henri Michel , à la politique d’extermination nazie au moment de la commémoration du dixième anniversaire de l’ouverture des camps. Si aucune certitude n’est acquise, sauf qu’il s’agit de millions d’être humains, du moins des témoignages convergents et des évaluations statistiques permettent d’affirmer que le total de 6 millions est un minimum vraisemblable. Cayrol, écrira en effet, lors de la première présentation du film: Falkenau, Samuel Fuller témoigne. Avec des contributions de Vermeil E. Or, dans un entretien réalisé en , A.

Nom: nuit brouillard resnais
Format: Fichier D’archive
Système d’exploitation: Windows, Mac, Android, iOS
Licence: Usage Personnel Seulement
Taille: 41.61 MBytes

Le ministre français des Affaires étrangères, C. Il faut dormir vite. Falkenau, Samuel Fuller témoigne. Secrets de tournage 10 anecdotes. En comparant le manuscrit du scénario rédigé par Alain Resnais et le commentaire de Jean Cayrol, l’on apprend que c’est in extremis que la mention du génocide a disparu.

Il faut une nation sans fausse note, sans querelle.

nuit brouillard resnais

On se met au travail. Un camp de concentration se construit comme un stade ou un grand hôtel, avec broouillard entrepreneurs, des devis, de la concurrence, sans doute des pots de vin. Un message tombe, quelquefois ramassé. La mort fait son premier choix.

Nuit et Brouillard d’Alain Resnais, une mémoire pour demain

On la parcourt lentement à la recherche de quoi? Premier regard sur le camp: Au-dessus, le kapo, presque toujours un droit commun.

Au-dessus encore, le S. On lui parle à 3 mètres.

Nuit et Brouillard : un tournant dans la mémoire de la Shoah – Persée

Tout en haut, le commandant. Il faudrait la paillasse qui servait de garde-manger et de coffre-fort, la couverture pour broiullard on se battait, les dénonciations, les jurons, les ordres retransmis dans toutes les langues, les brusques entrées de S. Il faut dormir vite. Réveils à la trique, on se bouscule, on cherche ses effets volés. Les morts de la nuit faussent toujours les comptes.

Travail dans la neige qui devient vite de la boue glacée. Trois mille Espagnols sont morts pour construire cet escalier qui mène à la carrière de Mathausen.

Travail dans les usines souterraines. Elles portent des noms de femmes: Mais ces étranges ouvriers de trente kilos sont peu sûrs. Des pancartes de style rustique renvoient chacun chez soi. On troque deux, trois cigarettes, contre une soupe.

Beaucoup, trop faibles, ne peuvent défendre leur ration contre les coups et les juit. Ils attendent que la boue, la neige, les prennent. Des squelettes au ventre de bébé y venaient sept fois, huit fois par nuit.

  TÉLÉCHARGER ORNIAT W3LACH GRATUITEMENT

La soupe était diurétique.

Malheur à celui qui rencontrait un kapo ivre au clair de lune. Marché clandestin, on y vendait, on y achetait, on y tuait en douce. On se passait les vraies et les fausses nouvelles. On y organisait des groupes de résistance. Une société y prenait forme, une forme sculptée dans la terreur. Chaque camp réserve des surprises: Le chêne de Goethe à Buchenwald, on a construit le camp autour mais on a btouillard le chêne. Un orphelinat éphémère constamment renouvelé, un block des invalides. Alors le monde véritable, celui des paysages calmes, celui du temps d’avant peut bien apparaître au resnaiz Il n’appartenait plus qu’à cet univers fini, fermé, limité par les miradors d’où les soldats surveillaient la bonne tenue du camp, visaient sans fin les déportés, les tuaient à l’occasion par désoeuvrement.

Tout est prétexte à facétie, à punition, à humiliation. Les appels durent des heures. Un lit mal fait: Ne pas se faire remarquer. Ne reznais faire signe aux dieux. Ils ont leur potence, leur terrain de huit à mort. Cette cour du block 11 dérobée au regard, arrangée pour la fusillade avec son mur protégé contre le ricochet des balles. Ce château d’Hartheim où des autocars aux vitres fumées conduisent des passagers qu’on ne reverra plus.

Transports noirs qui partent à la nuit et dont personne ne saura jamais rien. Mais c’est incroyablement résistant un homme. Le corps brûlé de fatigue, l’esprit nuuit. Des mains couvertes de pansements travaillent. On fabrique des cuillères, des marionnettes qu’on dissimule, des monstres, des boîtes. On réussit à écrire, à prendre des notes, resnaos exercer sa mémoire avec des rêves. On peut penser à Dieu. On arrive même à s’organiser politiquement, à discuter aux « droits communs » le contrôle intérieur de la vie du camp.

On s’occupe des camarades les plus atteints. On donne sur sa nourriture. On crée des entraides. En dernière ressource, on pousse avec angoisse les plus menacés à l’hôpital. Approcher de cette porte c’était l’illusion d’une vraie maladie, l’espérance d’un lit.

C’était aussi le risque d’une mort broyillard la seringue. Les médicaments sont dérisoires. Les pansements sont en brouillatd. La même pommade sert pour toutes les maladies, pour toutes les plaies. Quelquefois, le malade affamé mange son pansement.

A la fin tous les déportés se ressemblent. Ils s’alignent sur un modèle sans âge qui meurt les yeux ouverts. Les kapos comme les chirurgiens S.

  TÉLÉCHARGER PHOTOREC MAC GRATUITEMENT

Nuit et brouillard

Les grandes usines chimiques envoient au camp des échantillons de leurs produits toxiques ou bien ils achètent un lot de déportés pour leurs essais. De ces cobayes, quelqu’uns survivront, castrés, brûlés au phosphore. Il y a celles dont la chair sera marquée pour la vie malgré le retour. Ces femmes, ces hommes, les bureaux administratifs conservent leurs visages déposés à l’arrivée.

Les noms aussi sont déposés, des noms de 22 nations. Ils remplissent des centaines de registres, des milliers de fichiers. Un trait rouge biffe les morts. Des déportés tiennent cette comptabilité délirante, toujours fausse, sous l’oeil vigilant des S. Le kapo a sa propre chambre où il peut entasser ses réserves et recevoir le soir ses jeunes favoris.

Tout près du camp, le commandant a sa villa où sa femme contribue à entretenir une vie familiale et quelquefois mondaine comme dans n’importe quelle autre garnison. Peut-être seulement s’y ennuie-t-elle un peu plus.

nuit brouillard resnais

La guerre ne veut pas finir. Plus fortunés, les kapos avaient un bordel, des prisonnières mieux nourries mais comme les autres vouées à la mort. Quelquefois, de ces fenêtres, il est tombé un morceau de pain pour un camarade au dehors. Inutile de décrire ce qui se passait dans ces cachots.

Ces cases calculées pour qu’on ne puisse tenir ni debout ni couché, des hommes, des femmes y furent suppliciés consciencieusement pendant des jours. Les bouches d’aération ne retiennent pas le cri. Himmler se rend sur les lieux.

Il faut anéantir, mais productivement. On étudie des plans, des maquettes. On les exécute, et les déportés eux-mêmes participent aux travaux. Pour certains, la sélection est déjà faite.

Pour les autres, on trie tout de suite. Ceux de gauche iront travailler. Tuer à la main prend du temps.

nuit brouillard resnais

On commande des boîtes de gaz zyklon. On fermait les portes. Même le béton se déchirait. Voici les réserves des rensais en guerre, leurs greniers. Quant à la peau.

Ce sont des villes de cent mille habitants. Des usines ont leurs camps personnels interdits aux S. Steyer, Krupp, Heinkel, I.

Les nazis peuvent gagner la guerre, ces nouvelles villes font partie de leur économie.